entrevues

Publié le 3 Septembre 2018

Sayline : Que devient Cirologie ?
Cirologie est une fantaisie photographique.
Le fait que les séances de poses soient arrêtées, ne signifie pas la disparition du thème, mais un manque de renouvellement et de mises à jour.
Sujet déjà vintage, qui a débuté en Avril 1982, beaucoup d'expositions et de publications un peu partout vont se raréfier, puis disparaitront dans le temps.  
Sayline : Quelle en est la cause ? 
Les temps modernes et le temps qui passe...
Sayline : une lassitude ?
Peut-être, aussi...sûrement.
Comme je l'ai déjà dit dans d'autres articles, les modèles n'ont plus vraiment envie de s'amuser, c'est le monde d'aujourd'hui, on critique, on râle, mais on rigole assez peu en fait.
Et puis les mœurs ne sont plus les mêmes, on s'offusque d'un rien en tenue vestimentaire, alors que l'on est de plus en plus vêtus comme des sacs ! Un rien devient vulgaire choquant, alors que la plupart des tenues manquent d'excentricité et de couleurs.
Le monde devient arrogant et considère que ce sont les autres qui le sont.
Sayline : Regrets sur le passé ?
Assurément, mais il faut laisser les époques se réaliser. Quand on est plus dans le coup, faut se barrer.

Sayline : A ce point ?

Bah oui. Que voulez-vous faire d'autre ?
Il faut vivre avec son temps, si ce n'est plus le sien, il faut respecter celui des autres.
Sayline : concrètement que va-t-il se passer ?
Je ne sais pas encore, quelques projets demeurent, mais ce qui est sûr c'est qu'il n'y aura pas de nouvelles idées qui verront le jour, on travaille sur l'existant des prises de vues réalisées, montages et retouches.
La publication de Cirologie numéro 7 avec les dernières séances et celles d'antan.
Sayline : Qui s'intéresse encore à Cirologie ?

Bonne question.
Personne... Quelques fanatiques… et de plus en plus des personnages louches.
Sayline : c'est-à-dire ?
Des gens qui n'ont absolument pas la vision photographique du thème, mais plus le côté voyeur.
Sayline : vous l'avez un peu cherché ?

Par vraiment, ce n'était pas cela mon but. Je voulais simplement suggéré mais pas provoquer.
Mais tout cela est sans importance.
Chacun est libre d'interpréter une image comme il la ressent.
Je crois que c'est une question de moment, les périodes changent voilà tout.
Les regards ne sont plus les mêmes.
Sayline : vous avez l'impression d'un décalage.

Oui et non.
Oui parce que je constate que ce que je montre ne correspond pas a ce que je voudrais

Non parce que une photo reste une image interprétable de plusieurs façons.

Sayline : Une conclusion ou le mot de la fin.
On s'est bien marré.
Aussi bien les modèles avec qui j'ai conservé de très bon contacts, qu'avec nos visiteurs, dont certains sont toujours fidèles.
La fin d'une belle époque, mais quelle époque !

Sayline : Aucun regret ?
Aucun. Que du plaisir !
Et un grand merci a toutes celles qui ont participé a cette fantaisie.

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Rédigé par Adelin Aurèl

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Publié le 28 Janvier 2009

ENTREVUE n°6

Ou en es-tu dans ta prospection de modèles ?

As-tu trouvé la perle rare ?

Existe-elle ? Sûrement. Mais Non je n'ai pas trouvé. J'ai rencontré des modèles formidables, mais qui ont dû être très déçu, je crois.
Voir les photos sur un site, rend toujours une image différente de la réalité.
Après la séance, je pense qu'elles sont déçues, même si elles ne le montrent pas.
Le local est trop petit, la direction des poses non imposées n'est pas facile a gérer pour elles.
Elles sont trop habituées a ce qu'on leur dise, fait ci, fait ça, mets toi comme ci, comme ça.
Ma démarche est différente, il faut une implication totale du modèle dans les poses. Je ne fais que suggérer, je ne veux pas imposer telle attitude ou telle autre, alors c'est pas toujours réussi.
Mais je dois dire que dans l'ensemble j'arrive a tirer quelques belles photos (à mon avis) et que les poses et attitudes si elles sont différentes selon les modèles, restent dans le classissime le plus total. Donc pas trop de risque de dérapage. On est toujours dans le convenable.


nullTu voudrais que cela change ? Pourtant déjà certains trouvent que ton thème est dégradant et trop fétichiste.
Que cela change : NON, mais qu'il y ait plus de folies. Quelques poses dégeantées, mais sans vulgarité. Je sais certains trouvent le fait d'arroser une fille dégradant, ou de la prendre en photos sous la douche. Pourtant, ce ne sont pas des photos hards, seul au maximum les seins sont visibles. Je crois que c'est le phénomène de l'eau, et de la sensualité que cela apporte. Ce n'est pas courant. Donc je comprends que certains soient choqués, mais dans l'ensemble, sincèrement, je pense que je fais tout pour éviter d'avilir mes modèles. 
Le fétichisme, est une autre histoire. Bien sûr que mon thème est fétichiste, je ne l'ai jamais nié, quand on photographie pendant plus de vingt ans sur le même vêtement, on est fétichiste. Mais qu'y a t il de déplaisant ? Est-ce vraiment malsaint de réaliser cela. Pour bon nombre de visiteurs, je sais que j'assouvis l'un de leurs fantasmes. La Femme mouillée a toujours suscitée des controverses. Cela ne me dérange pas. Il y aura toujours des personnes pour critiquer en mal ce que vous faites et tenter de faire croire que vous êtes un obsédé.
C'est pas un problème, ils ont leurs convictions, j'ai les miennes.
Et puis c'est selon l'éducation de chacun. Je ne peux pas m'opposer à leur point de vue.
Quand on me parle de fétichiste, cela ne me gène pas. Dire que c'est dégradant soulève en moi quelques questions, je dois corriger quelques erreurs dont je n'ai pas fais assez attention ou que je voyais pas ainsi. Dans les critiques il y a toujours une part de vérité. Il faut analyser, y penser, sans pour autant tout prendre pour argent comptant.


Tes projets a venir ?
Pour le moment je vais espacer voir interrompre les séances, car les nouveaux modèles sont encore plus orientés vers l'appât du gain. C'est de pire en pire. Je pense même qu'elles vont dépasser les tarifs des péripathéticiennes. A ce rythme, je pense que peu de photographes suivront, donc c'est comme dans l'immobilier, il faut attendre la décrue. Mais de toutes façons je suis trop vieux pour continuer à faire des séances de ce type, il existe un trop grand décalage entre les générations, et c'est devenu très compliqué de trouver le modèle souhaité. Environ 20% correspondent et adhèrent vraiment au projet.
Et puis il faut bien que je prenne le temps de traiter tout ce que j'ai réalisé depuis plus de vingt ans. Il est temps de faire des albums, des expositions et diffusions tout azimut... ciblé néanmoins, pas questions de faire n'importe quoi, n'importe comment. Je ne vais pas en mettre partout, mais il faut que le projet vive d'une autre façon. L'heure à sonné.

Internet m'a permis de me faire une place dans le monde de la photographie, donc je vais poursuivre mes démarches pour faire connaître "Cirologie".


La quatrème saison est complète ?
Non, loin de là, c'est justement les seules séances que je vais m'autoriser. Je pense qu'il y a là une foule de belles images à faire. Avec en perspectives tous les détracteurs prêts à me cogner dessus. Déjà une fille arrosée ça craint... alors deux!
Mais on verra bien.
Ce n'est pas la fin de CIROLOGIE, c'est une autre page qui se tourne, une autre aire qui arrive. Il faut évoluer. Avancer. Et en vieillissant, le temps avance, les idées changent.
Reverra-t-on des filles en cirés de couleurs dans les villes ? Je ne le crois plus. Le monde a changé, il ne pense plus a s'amuser, ni même à vivre, il ne pense qu'au fric et à survivre.


Pessimiste !

Non, réaliste.  LUCIDE. 

 

Ne trouves-tu pas ton thème un peu usé, dépassé....

Absolument pas... Peut-être, finalement... Je ne sais pas, je ne me suis jamais vraiment posé la question. Pour moi, je trouvais marrant et original de sortir des traditionnels clichés de poses classiques, je voulais mettre en valeur les expressions et attitudes du modèle dans une situation incontrolable. Il me paraît impossible de prendre une pose quand on reçoit une quantité d'eau. Le modèle ne sait pas ou l'eau va frapper... C'est cette expérience qui m'a paru intéressante, et durant toutes mes séances j'ai toujours recherché la pose comique, plutôt que la pose "adaptée". De plus chaque modèle à sa propre façon d'être et d'agir. Pourquoi imposé une autre position.

Je ris souvent quand je vois les mannequins défilés, la façon dont elles marchent, je n'ai jamais vu personne marcher ainsi, c'est nul. Je préfère le naturel.

 

Ne penses-tu pas que cette façon de poser peut dérouter ?

Sûrement, je ne suis pas un pro, je ne gagne pas ma vie avec ces photos, c'est juste un divertissement.

J'ai le droit de penser et d'agir à ma manière même si c'est raté, même si cela ne plait pas. Je ne suis pas un génie, juste un amateur. Dans amateur il y amour. J'aime ce que je fais. Je trouve que photographier une femme mouillée c'est beau. C'est mon avis. Tout le monde ne peut pas partager mes goûts. Je ne partage pas ceux des autres obligatoirement. Les conditions sont difficiles, le lieu, le décor, l'eau, il faut essayer de trouver des astuces.

J'explique toujours aux modèles comment je procède. Beaucoup n'apprécient pas et refusent, d'autres posent des conditions financières, et c'est moi qui refuse. Mais quand j'arrive à m'entendre avec un modèle, on essaye ensemble de faire le mieux possible. C'est souvent pas très réussi, mais on a essayé.

Aujourd'hui tout le monde veut réussir dans tout, et vite.

Je comprends que ma lenteur et mes idées qui sont un peu décalées, déroutent aussi bien les modèles que les visiteurs. Mais c'est comme tout, on aime, ou on aime pas.

 

Pourquoi ne pas changer de style, faire en ciré sec, ou mouillé sans ciré ?

Pourquoi ne pas continuer ? Présévérer et s'améliorer. Sur la totalité, certains clichés sont très biens. Même si l'ensemble est très moyen, j'adore des centaines de photos prises.

Ciré sec : je l'ai déjà fait, les poses sont trop statiques, il n'y a pas ce côté clin d'oeil amusant.

Mouillé sans ciré : cela a déjà été fait et franchement dans ce cas ce n'est plus "Cirologie"

Le ciré reste l'élement numéro un du thème, l'eau est indissociable, et le modèle indispensable.

 

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Rédigé par Adelin Aurèl

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Publié le 15 Octobre 2007

Sayline m'a posé vos questions,
Voici les réponses...

Le 5 septembre vous annonciez l'arrêt des séances CIROLOGIE, rassurez-nous, qu'en est-il ?
C'est vrai que la saison III est terminée, j'arrête les séances dans ces conditions, photos simples, trop souvent sans eau, et refaîtes maintes fois. Il faut trouver un nouveau souffle, allez plus loin peut-être. Pour le moment je cherche. Beaucoup m'incitent à poursuivre, modèles et "visiteurs", mais le temps passe...
Et je voudrais me consacrer plus à la diffusion.

Alors que vous êtes en train d'améliorer votre technique, vous allez tout abandonner ?
Mais non, je n'abandonne rien. D'abord je ne suis pas sûr de m'améliorer, comme vous le dites.
Je voudrais réaliser, et cela j'y pense depuis la toute première saison, un ou plusieurs albums photos, avec les photos que J'adore MOI. Mais cela ne peut se faire qu'à compte d'auteur, cela coûte cher, et je ne sais quel nombre faire imprimer ni comment et a qui le diffuser.
C'est particulier "Cirologie". Je ne veux pas faire n'importe quoi.
J'ai donc besoin de souffler.
Les séances et surtout la recherche de modèles prend du temps. Trop de temps.
Et je suis mal équipé, je n'ai qu'un petit local exigü dans lequel j'ai honte de recevoir les modèles.
Même si celles qui sont venues trouvent cela "original", "spécial", "spectaculaire", "incongru", Cela reste un problème. Les exterieurs ne sont pas faciles à réaliser.

Vous utilisiez pas mal, la douche en général ?
Oui, mais faut peut-être sortir de cela, c'est le grand principe de la saion III..

Les duos semblent une bonne idée?
Oui, c'est peut-être cela la quatrième et dernière saison qui se dessine.

Dernière ? Vous avez vraiment envie de tout arrêter !
Il n'y a que quatre saisons de toutes façons.

Dsc00278-.jpg
Alors cette quatrième saison, de quoi sera-t-elle faite ?
Ne vous attendez pas à un boulversement, je reste dans la lignée des précédentes, mais les duos seront privilégiés et les poses seront plus...douces, ...plus sensuelles.

Érotiques ?
Pas forcément, ce sont les modèles qui décident, ne l'oubliez pas.

Mais c'est vous qui les choissisez ?
Oui, bien sûr, il y a une orientation, mais c'est un simple virage, comme l'a été la saison II par rapport à la I, la III par rapport à la II.

Rappelez nous ces "virages" ?
Ça se voit de suite, la Une était essentiellement basé sur le ciré, souvent sec, en extérieur, en intérieur, quelques séances sous la douche, mais trés correctes. Pas ou peu de charme de sensualité, c'était plutôt la période "découverte" et "romantisme"
La Deux est plus relachée, plus d'eau, un local aménagé est propice aux poses mouillées, arrosées, et les exterieurs aspergés apparaissent. La Trois suit le même chemin avec un peu plus d'érotisme, de suggestions, et beaucoup de séances sous la douche. Bon voilà.

Vous regretterez les saisons antérieures?
Non, c'est une évolution voulue. Les modèles ne posent pas aujourd'hui en 2007, comme en il y a vingt ans, les physiques ont changés aussi.

Vous trouvez ceux d'aujourd'hui comment ?
Trop maigres, ça c'est sûr. Elles font toutes du 36/38. Les formes ont changées. Elles sont plus filiformes. Personnellement je suis de l'ancienne génération, j'aime les formes rondes, les beaux seins, les bonnes fesses. Bref tout ce qui heurtent aujourd'hui. Mais heureusement j'en trouve encore quelques unes qui sont pas mal...

Mais cela ne plaît pas toujours, ni aux modèles, ni a vos visiteurs?
Peut-être oui, vous avez raison, mais "Cirologie" est fait avec mes idées, que cela dérange un peu ne me gène pas, demain on reviendra à ce genre de modèles, d'ailleurs ça commence. C'est comme pour les cirés, aujourd'hui c'est ringard, mais demain ce sera (peu-être) formidable. Et puis chacun ses choix, mes modèles sont comme ils sont et moi, je les trouve très bien.

Vous aimez vos modèles?
Eh! bien sûr, je les adore. Elles sont formidablement belles, sinon je ne les prendrais pas.

Ce qui veut dire que beaucoup ne sont pas sélectionnées ?
Vous avez tout compris, et de plus en plus, le taux de rejets augmente. Je mets également cela sur le compte de l'age, je vieillis, donc je deviens plus sélectif. Et puis contrairement il y a vingt ans, toutes veulent poser. Et beaucoup veulent beaucoup d'argent en échange, ce qui n'était pas le cas dans les années 80, ou beaucoup moins.

Qu'est ce qui compte le plus quand un modèle vous fait signe ou quand vous les contactez ? Du reste comment cela se passe ?
Avec tous mes sites et blogs, je reçois des demandes, souvent trop éloignées de Lyon. Ce sont souvent de beaux modèles auquel je suis obligé de renoncer.
Mais il y a mes réponses aux demandes régionales, un modèle qui me plaît par son regard, son expression, l'originalité de la photo, sa pose.
Je lui demande de m'en dire plus sur ce qu'Elle a déjà fait, et sur ce qu'Elle souhaiterait faire avec mon thème, à partir de cela la négociation commence... Et ça échoue bien souvent, pour des raions pécuniaires, ou d'éloignement, ou parfois d'incompatibilité tout simplement.

Mais vous en trouvez quand même ? En 2007 il y en a eu combien ?
Oui, heureusement, en 2007 sur une soixantaine de contacts (et l'année n'est pas finie) j'ai rencontré une douzaine de modèles, c'est exceptionnel et à la fois trop.
Et puis il y a toutes celles que je voudrais et que je peux pas, faute de temps, contre-temps et mauvais temps. Beaucoup d'echec quand même, pour un médiocre résultat.

Pourquoi dites vous "médiocre résultat" ? les visiteurs semblent ravis.
Ils ne voient que les épreuves finies, sélectionnées, retouchées, mais sur l'ensemble des 4000 photos de l'année peu sont exploitables. Elles plaisent, elle me plaisent, mais pas suffisamment pour être exposées, pour être publiées. Les modèles cherchent l'argent avant tout. Si je trouvais un filon qui permette de diffuser et qu'il leur rapporte un peu d'argent, ce serait bien pour tout le monde. Internet est un fabuleux instrument, mais coûte du temps, beaucoup de temps, un peu d'argent, mais ne rapporte rien. Si ce n'est les rencontres, les échanges, mais c'est déjà bien. Pas suffisant, mais bien.

En résumé, vous ne nous lachez pas?
Je n'ai jamais dit que j'arrêtais "Cirologie", j'ai dit que je tournais la page.
Et si je continue les séances, le rythme va diminué, pour passer le changement de saison.
2008 sera une année de réflexion. On verra. Laissons le temps faire les choses.
J'ai envie de réflechir, de ralentir, de revoir mes saisons précédentes.

Dsc00287-.jpgVous allez maitenir vos sites?
Bien sûr, c'est un échange, c'est a partir de cela que je m'inspire en fonction des demandes des modèles, des remarques des "visiteurs" et le soutient des fidèles, qui sont toujours là, plein de bonnes intentions pour que "Cirologie" vive.

Quelles nouveautés en préparation?
Pas grand chose, y'a toujours l'élection de Miss Cireine de l'année, (qui je le rappelle ne rapporte rien, mais cela permet de connaître les goûts des visiteurs) puis la création de calendriers, (comme l'an passé) et l'information sur la mode des cirés, qui, soit dit en passant, revient doucement...
Ça fait plaisir, même si le noir est encore privilégié, le rouge, et le blanc commence à apparaître, espérons que demain le vert, le marron, le mauve et le jaune viennent égayer les nouveaux cirés et que la matière ne soit pas uniquement a base de vinyl, que je trouve trop fin.
Enfin que les prix soient abordables afin que tous celles qui aiment les cirés puissent se faire plaisir, et nous faire plaisir, car c'est un ravissement pour l'oeil.

Le mot de la fin:
Une femme en ciré sous la pluie reste pour moi la plus belle image féminine.

La saison III est morte ?
Finie. Vive la quatrième saison.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Adelin Aurèl

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Publié le 13 Avril 2007

Voici une rencontre entre vos questions et mes réponses
Celle-ci peut se renouveller au fil de nos dialogues.

 Comment choisissez-vous vos modèles ?
C'est vrai que ce n'est pas très facile, du moins c'est plus difficile qu'auparavant.
Les modèles aujourd'hui veulent toutes poser pour de l'argent avant toute chose.
Peu regarde vraiment votre dessein, même celles qui disent qu'elles ne choisissent que les projets "sérieux" et intéressants. Un thème ne plaît pas forcément aux deux parties.
Avec l'arrivée d'Internet, nous aurions pu penser que ce serait plus facile, c'est vrai que le nombre d'offres de modèles est très impressionnant, c'est cela la grosse difficulté, c'est qu'il y a de tout, et vraiment beaucoup de modèles a éviter.
Je regarde dans les petites annonces les sites des modèles.
Je contacte celle qui me parait avoir un beau visage, une expression sympa. Un beau corps également, ça compte, et surtout une attitude, je ne sais comment dire, un peu originale.
Je fuis les Top-modèles genre mannequins, les mineures, les modèles qui acceptent tout, je hais la vulgarité, et la prétention. Toutes celles qui sont, ou qui se disent "super-pros" sont à bannir, comme celles qui réclament des centaines d'€uros pour une heure de pose.
 
Comment les rencontrez-vous ? Vous faites une séance d'essai ?
Non, j'échange quelques messages, et je leur fais part de ma proposition, en leur fournissant le maximum de détail sur ce que j'attends d'elles.

Qu'attendez-vous, justement ?
Qu'elles participent.
Qu'elles trouvent les poses les plus adaptées, les plus spontanées, à la situation.
Poser en étant nue sous un ciré n'est pas très facile non plus, et en plus en étant aspergée d'eau !
Je ne veux pas les contraindre, à poser de telle ou telle façon, la photo sera fichue.

Vous ne les rencontrez pas une fois, avant la séance, pour en parler ?
Je l'ai fait plusieurs fois, mais cela n'apporte pas grand-chose de plus.
Je pensais que cela m'aiderais à mieux choisir, il n'en a rien été, et pour le modèle, si je lui donne envie de poser c'est maintenant, demain elle peut changer d'avis.
Je préfère leur parler avant la séance, quand je vais les chercher à la gare, ou pendant les préparatifs. La photo c'est à l'instant présent, c'est pas ce que l'on pourra faire demain. L'idée de thème est bien défini, toutes les fantaisies sont permises autour, il n'y a pas besoin d'en parler des heures et des heures.
Mes sites, mes boc-notes parlent mieux que moi.
Les photos réalisées et présentées sont la meilleure explication.
Et puis je n'ai pas à convaincre, je le redis, si un modèle trouve l'idée intéressante et qu'elle me suggère ou prend une attitude spontanée c'est gagné.

Alors justement, vous est-il arrivé de faire des flops
Bien sûr, énormément.
C'est jamais gagné d'avance.
C'est justement là ou la recherche et le choix du modèle réside.
On pense avec tel modèle que l'on va faire une bonne séance, qu'elle a plein d'idées, et finalement, c'est mou, sans vie. Parfois même des débutantes font mieux que celles qui ont de l'expérience. Sûrement en raison de la spontanéité, elles ne se posent pas de questions, elles posent comme ça leur vient.
Le plus dur c'est de "casser la glace", les premiers clichés sont rarement les meilleurs.
Mais dès que je trouve un modèle génial, j'essaye de faire plusieurs séances, et là, la complicité s'installe petit à petit. Il y a connivence entre nous.

Lors de vos séances, ne vous est-il jamais arrivé d'être arrosé ?
Oh que si! Pas souvent, mais c'est arrivé. L'arroseur arrosé. J'ai même un modèle qui voulait me photographier. Le photographe photographié.  En tenu bien sûr et  ...sous la douche.

Alors ?
Je ne suis pas suffisamment photogénique. L'homme est loin, très loin d'égaler la femme sur ce sujet. Un homme en ciré sous la douche, ça craint le vulgaire. J'ai refuser bien sûr.
Je pense qu'elle se moquait de moi tout simplement, et elle avait sûrement raison.

Pourquoi ?
Parce que mon thème est navrant au possible.
Je suis l'un des rares à trouver une fille jolie en étant trempée, et de surcroit avec un ciré.
Mais c'est une fantaisie, il n'y a pas d'arrière pensée.
C'est pour s'amuser. Toutes les filles adorent jouer avec l'eau.

Comment se déroule une séance sous la douche ?
Le plus naturellement possible.
Je fais quelques clichés au sec devant un mur, ou sur un matelas recouvert de cirés, le modèle prend ses marques peu à peu.
Ensuite je procède à des poses aspergées, là le modèle commence à prendre contact avec l'eau, et ne pense plus trop aux poses, mais à l'eau qu'elle va recevoir.
La magie s'opère d'elle-même, l'eau coule, le modèle sourit ou grimace…
Puis enfin sous la douche, le modèle prend les attitudes qu'il lui convient face à l'aspersion qu'elle peut gérer elle-même (débit, chaleur, direction…)
Elles sont moins crispées qu'auparavant, et en général, elles se détendent très bien, et on le comprend aisément. Elles trouvent cela très original et très décontractant.
Donc une fois à l'aise, la magie s'opère encore, je laisse aller, je photographie.

Comment dirigez-vous les poses ?
Je n'indique que rarement la position à prendre, c'est le modèle qui fait tout, (c'est ce que je dis souvent), parfois je suggère, je donne quelques idées, la position des mains, les expressions à rechercher, mais je préfère qu'Elles décident elles mêmes. C'est aussi cela l'originalité de "Cirologie". Les professionnels ont un objectif à atteindre, une idée derrière la tête, donc ils savent très bien ce qu'ils veulent obtenir, ils ont la précision de tout, du geste, du regard, de la lumière, des couleurs, du maquillage, rien n'est laissé au hasard.
Moi c'est complètement différent, je ne me prétends pas photographe, c'est un jeu entre les modèles et moi, un échange de regard, un instant d'éternité parfois, l'eau passe jamais deux fois de la même façon, et pas deux modèles ne prennent la même expression.
Je laisse faire, le modèle n'a pas l'occasion de s'exprimer en général, il doit faire ce que lui dit le photographe, je trouve que c'est le prendre pour un objet.
J'ai fixé un thème avec son encadrement, a partir de cela, tout est possible en matière de poses, d'expressions, d'attitudes.
C'est pas si facile, (me disent-Elles), on est pas habituée à participer, à trouver nous-mêmes les positions à prendre.
Finalement, rien n'est simple. Mais l'essentiel c'est de réaliser la fantaisie.
 

A suivre….

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Rédigé par Jean Aurèl

Publié dans #ENTREVUES

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Publié le 29 Décembre 2006

Quel est le déclic qui vous a amené vers la photo ?
Les visages, les expressions féminines, bref les mimiques.
La situation instantanée. Une trapéziste qui saute dans le vide, une passante qui se fait éclabousser par un automobiliste.
Cela fait maintenant plus de vingt ans, c'était en 1982, je voulais photographier des visages, faire des portraits, et mon première modèle est venu habillé d'un beau ciré marron et bottée, à mon rendez-vous. J'ai tout de suite été subjugué par son charme et sa tenue. Nous avons fait des photos mais pas que du portrait, beaucoup de plain-pied, et puis il y eu d'autres séances, ou ce premier modèle m'avait proposé de faire également du nu, toujours avec le ciré.
Depuis j'ai trouvé ce thème amusant et je l'ai conservé. Il a évolué car de la première saison les modèles posaient au sec. Aujourd'hui elles sont copieusement arrosées.

Pratiquez-vous pour le plaisir, le métier, est-ce un besoin vital ?

Par passion uniquement.
Par plaisir naturellement.
J'aime regardé de belles photos plusieurs mois voire plusieurs années après.

Quelle photo aimeriez-vous faire, même et surtout si elle est impossible ? Votre rêve photographique ?
Saisir le rictus de la trapéziste au moment ou elle se jette dans le vide. Ou la frayeur dans l'expression d'un modèle qui reçoit de l'eau.
Ou le plaisir, la surprise, le bonheur, mais tout cela n'est pas véritablement photographiable, chacun a son interprétation de l'image.
Ce sont des "ressentis". Pouvons-nous photographier les sentiments ?

Quelle est "la" photo que vous n'auriez pas aimé faire, pourquoi ?

De la photo pornographique.
Une photo doit apporter une part de rêve, une idée, une pensée. Pas la vulgarité, la grossièreté, la dérision, ni l'avilissement.
La photo est faite pour embèlir et non salir l'indivu.

Quel genre de photo aimeriez-vous aborder, sans oser ?
L'érotisme, le sensuel, l'extraordinaire.
L'infini rapide : l'eau en mouvement, les éclaboussures.

Un petit coup de gueule ?
Je trouve que les modèles manquent de motivations et d'idées. Et qu'Elles confondent poser pour un professionnel (qui en vit) et un amateur (dont c'est uniquement un passe-temps) Les tarifs qu'Elles proposent sont souvent démesurés par rapport au "travail" réalisé.
Qui aujourd'hui gagne 100 €uros de l'heure ? Pour ma part j'en suis loin, trés loin... Alors on dit "Oui mais c'est le domaine artistique..." OK pour des pros (et encore je suis pas d'accord), il faudrait instituer une grille de référérence en fonction de l'expérience du modèle (débutante ou avec qualification), des poses réalisées (Portrait, Mode, Charme, Nu) et également du temps de la séance. Il existe le Chèque Emploi Service, il devrait y avoir le Chèque Emploi Artistique, afin que les particuliers amateurs qui n'ont pas d'usage à but commercial puissent dédommager les modèles de façon claire, avec une couverture sociale et une assurance tout risque.
Non! non et non à la pratique actuelle. Il faut arrêter de se prendre pour le nombril du monde! Des poses à plus de 75€/h (même entièrement nue) c'est irréaliste pour un amateur sans but lucratif, surtout s'il veut plusieurs modèles.

Il faudrait également que les photographes soient plus honnêtes et considèrent avec plus de respect les modèles photos.
Il est temps au troisième millénaire d'ôter dans les esprits l'assimilation des prestations des modèles photos à celles des Escorts-girls, call-grils et autres, qui n'ont rien a faire dans ce milieu, et a trouver un moyen HONNETE de dédommagement qui ne soit pas du travail au noir.
AIDEZ MOI A FAIRE PASSER CES MESSAGES !

Un ou une photographe aimé, détesté, pourquoi ?
Beaucoup d'amateurs font de très belles photos. Je n'ai pas d'influence, j'ai mon style.
J'aime bien Edouard Boubat dans un autre style, Sinon côté mode, charme, merveilleuses photos du Maître Newton, dont j'adore le style. Jonvelle, Bourboulon, Rougeron, Dunas, et d'autres ont rendu hommage à la Femme comme je ne saurai jamais le faire.
Dans un autre registre j'adore Doisneau, Boubat, Cartier-Bresson, Sief.
Détesté, je ne vois pas, si je n'aime pas, je ne m'y interesse pas, donc indifférent.
Bettina Rheims, j'adore certaines photos mais d'autres sont un peu vulgaires à mon goût.

Donc en parlant photo, avez vous atteint, aujourd'hui, les buts que vous vous êtes fixé, il y a un ou deux ans ? Quels étaient-il ?
Pas vraiment, j'attends de nouvelles rencontres qui m'apportent la pose qui me permettra de l'exposer, de la publier. Je suis épicurien, et je ne suis jamais assez satisfait de moi ou de mon travail.
J'attends également de trouver une galerie d'exposition, à Lyon à Montréal, à Genève ou à Monaco qui accepte le partenariat. Ou encore l'éditeur qui voudra bien me publier à 1000exemplaires un bel album des 80 meilleurs clichés "CIROLOGIE". Là j'ai trouvé, mais... à compte d'auteur. J'attends de gagner au Loto, pour réaliser tout cela (cpr).

Vous devez conseiller un debutant de votre domaine..... que seraient vos premiers conseils ?

Etre soi. Etre sur de soi.
Ne pas faire confiance facilement, savoir précisément ce que l'on veut et ce que l'on ne veut pas faire, attendre, comprendre, acquérir la confiance des autres. Oser. Réaliser ses rêves.

Que signifie pour vous les lettres S.P. ?
Sans Publicité. S'il vous Plait. Super Photogénique. Sans Problème.
Sans Prétention aussi, évidemment cela va de soit.
Vous pouvez également poser vos propres questions, je promets de répondre à TOUTES.

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Rédigé par Jean Aurèl

Publié dans #ENTREVUES

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Publié le 13 Avril 2004

Photos ou vidéos ?

Les deux sont possibles. D'abord c'est de la photo. Mais certaines expressions ne peuvent être capturées que par la vidéo.
La vidéo n'est qu'une succession d'images. C'est complémentaire, même si l'usage est différent. J'essaye toujours de faire une petite séquence vidéo. Parfois je laisse la caméra filmer toute seule, pendant la séance. Je ne peux pas faire les deux a la fois. D'autant que les techniques diffèrent. La caméra à besoin de moins de lumière, mais la qualité d'une image extraite est de moins bonne qualité.


Pourquoi pas sous la pluie ?

Réaliser une séance sous la vraie pluie n'est pas chose aisée, pour des raisons de lumière essentiellement, c'est possible mais ça nécessite un investissement en matériel.
J'aimerais montré tout simplement la vie sous la pluie en cirés, coloriés, ou les personnages brillent et semblent heureux.
C'est naïf. Je suis resté un enfant.
Mais c'est également la même raison que pour les extérieurs, les curieux me gênent... Et puis les conditions météo ne sont pas toujours favorables à réaliser une séance ou le modèle serait sous la pluie. Souvent il ne fait pas très chaud. Enfin les lieux ou le décor s'y prête ne sont pas évidents.
Mais ce serait la séance idéale. Un jour j'ai fait l'essai, mais on n'a pas tenu longtemps, les appareils m'aiment pas trop l'eau, il faut les protéger. Vous savez même au cinéma il filme sous des fausses pluies, et réalité ils arrosent énormément.


Que recherchez vous réellement avec Cirologie ?

Je voudrais rappeler les bons moments d'une époque, pas si lointaine, ou l'on s'amusait de tout, même de la pluie. Cirologie est un espace de rêve, ou l'on peut voir des filles, des femmes sourire, s'amuser, quand elles sont arrosées d'eau.
Je voudrais réaliser une séance sous une cascade, en été, mais c'est pas si facile que cela. J'aimerais bien aussi dans une piscine.
Les idées ne manquent pas.
La réalisation est beaucoup plus délicate.


Ou trouvez-vous tous ces cirés ?
Ils sont d'époque, la plupart on été acquis dans les années 80, ou le ciré brillait de mille couleurs, un peu partout. Beaucoup de dons soit de modèles soit dans les brocantes ou les petites annonces j'en ai trouvé pas mal. Mais ces dernières années, ils sont rares, ceux que l'on trouve sont soit en très mauvais état, soit très chers. Et les nouveaux modèles plus souples sont souvent hors de prix et manque de couleur. Je dois en avoir une bonne vingtaine, une peu de toutes les tailles ce qui permet de varier les couleurs et les modèles.

 
Pourquoi "Cirologie" vous auriez pu trouver "cirés en couleurs et bottes brillantes" ?

Un peu long, mais oui cela correspond assez bien à la définition du thème. Non j'ai pensé seulement faire court. Le suffixe "logie" résume l'étude d'un sujet. Ici en l'occurence le ciré.
Je voulais trouver un truc genre "Chapeaux melons et bottes de cuir" (c'est la même époque) mais c'était trop long. Je voulais que le mot ciré soit la clef du titre, mais "Cirélogie" ne me plaisait pas trop, alors j'avais trouvé l'astuce du ciré et de l'eau avec "cireaulogie" mais écrit de cette façon le ciré n'apparaissait pas assez fort, j'ai transformé "eau" en "o". Bon ça vaut ce que ça vaut. Mais je trouve que c'est bien représentatif de ma vision du ciré.

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Rédigé par Adelin Aurèl

Publié dans #ENTREVUES

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Publié le 12 Avril 2002


Questions-Réponses

Plusieurs personnes m'ont déjà posé plusieurs fois les mêmes questions, d'autres on voulu en savoir plus, le pourquoi du comment. Je réponds donc ici à tous. Cela peut, de plus, donner une information aux nouvelles venues.


Question: Comment cette idée de photographier des filles mouillées, vétues d'un ciré vous est-elle venue ?
Réponse: Au début en 1982, je voulais simplement montrer ces imperméables brillants de toutes les couleurs qui commencaient à disparaître de la mode. Mes premiers clichés étaient "secs". Puis un jour, lors d'une rencontre, un modèle m'a dit: "Pourquoi ne pas nous mettre en situation. On ne porte pas un imperméable quand il fait soleil. C'est vrai ça. En général c'est quand il pleut que l'on s'habille ainsi. Pourquoi ne pas se mouiller." Et c'est ainsi que les idées les plus farfelues sont nées

Q: Pourquoi privilègiez-vous la douche à l'extérieur naturel ?
R: Je préfère de loin les extérieurs, pour des problèmes de places et de lumière. Mais rien n'est facile, l'eau dehors n'est pas aussi "domptable" que cela. La pluie ne vient jamais au bon moment et de façon assez forte durablement. Et puis l'eau est froide. Les modèles sont difficiles. Je les comprends, remarquez. Poser à moitié nue dehors sous la flotte, je ne sais pas si je le ferais si j'étais une femme. Et puis un problème non négligeable, les curieux... Poser devant un inconnu ça va, mais devant plusieurs badauds.... c'est autre chose. Donc la solution de repli fut l'interieur, donc la douche.

Q: En exterieur vous pouvez trouver des coins tranquilles ?
R: Pas si facile. C'est arrivé, dans un jardin privé, arrosage avec le jet d'eau. En piscine privé aussi. Mais là c'est rigolo, car on ne baigne pas avec un ciré.

Q: N'est ce pas là le charme de Cirologie ?
R:Si bien sur. C'est devenu aussi cela. Un maximum de fantaisie, de loufoquerie, de situations pas possibles. Sous la douche, c'est pareil, on ne se lave pas habillé encore moins avec un ciré

Q: Alors justement pourquoi toujours ce ciré ?
R: L'origine du thème, je vous l'ai dit, est de montrer ces imperméables qui ont aujourd'hui complètement disparus. Photographier un modèle mouillé, nue, ou vétue d'un vetement transparent par exemple, c'est du déjà fait et surtout beaucoup mieux que je ne le ferais. Mon thème est unique. Personne n'a jamais fait, à ma connaissance, des photos de cette façon. C'est MON originalité.

Q: Le modèle doit-il être impérativement nu, sous le ciré ?
R:Bien sûr, c'est mieux. Mais je n'impose absolument rien. Chacun est libre. Si dessous il y a un tee shirt ou autre chose, je ne veux pas le voir à l'image. Quand on parle de nudité dans cirologie, il s'agit surtout de la poitrine, car je ne photographie pas en dessous du ventre. Les clichés doivent montrer surtout l'expression du visage, les gouttes qui coulent sur le ciré mouillé.

Q: Pas d'images hard ?
R: Surtout pas. Du charme, comme on dit, quoique tous ces mots restent à définir car chacun les interprête à sa façon.

Q: C'est quoi la photo de charme pour vous ?
R: C'est un cliché charmant. Sans provocation. Gentil.

Q: Un exemple.
R: Par exemple dans mon thème: une fille qui reçoit de l'eau, le ciré ouvert montrant sa poitrine mouillée. Y'a rien de choquant pour moi. Aujourd'hui des seins on en voit partout, sur les plages, à la télé, au ciné, dans tous les magazines, ce n'est plus une image provocante de nos jours. En revanche, je ne ferais jamais poser un modèle en ciré, avec les jambes écartées. Je trouve cela laid, vulgaire et avilissant. J'ai le respect du modèle. C'est un être humain.

Q: Et si le modèle est d'accord.
R: Non, il faut cesser. Je ne fais pas cela. Ce n'est pas ça que je veux montrer. Si le modèle veut faire du porno, il y a d'autres photographes. Du reste le côté "tenue brillante" a été repris suffisamment dans les sex-shop, et autres exploitations du sexe. Cela me gène un peu, car certaines personnes assimilent le ciré à ces matières souples, fines et trés brillantes qui collent au corps. Souvent de couleur noire. D'ou mon rejet systématique du ciré noir. C'est pas du tout ma voie.

Q: Bon on a compris. Enfin je crois. Quand vous parlez de respect du modèle, comment cela se passe pour la publication d'une image ?
R: Alors vous avez employé le mot juste: IMAGE. Quand une photo est prise, le photographe en est le propriétaire. Le cliché lui appartient, mais pas l'image du modèle. Je suis trés attentif à l'accord du modèle. Je recherche son avis sur les poses avant, et après. Je demande toujours leur accord, pour diffuser leur image. Le problème c'est que l'autorisation est limitée dans le temps. Et bien souvent quand j'ai un projet de diffusion, ou d'exposition, je recontacte mes modèles, et là.... c'est la galère. Elles ont déménagé, ou elles sont mariées, méres de famille, et ne souhaitent plus m'accorder leur confiance.

Q: C'est peut-être pas seulement une question de confiance ?
R: Non, c'est vrai, mais c'est frustrant. On est d'accord à un moment donné, puis rien ne se passe. Un jour on a une opportunité de faire quelque chose, et hop, tout tombe à l'eau (c'est le coup de le dire). Bon je pourrais passer outre, comme les autres photographes le font. Mais je recherche tant un partennariat avec le modèle, une vraie complicité, que je ne ferais jamais rien sans leur approbation. C'est pour cela qu'il ne se passe pas grand chose depuis 82 autour de Cirologie.

Q: En fait que voudriez-vous faire ?
R: Exposer par exemple, ou publier dans des magazines spécialisés tels que Chasseur d'Images, Photographes Amateurs, etc... ou faire un album photo sur ce thème, mais là ça fait un peu kitch, et puis j'ai pas un nom assez connu. Je suis Jean Aurèl, pas Helmut Newton. Les éditeurs ne sont pas ok. D'ailleurs même à compte d'auteur, je ne sais pas qui acheterait ces albums. Et puis le côté commercial, busines, marketing, m'ennuie. Moi j'aime prendre les photos, les regarder, les travailler, les montrer. Point. Je voudrais créer par exemple des cartes téléphoniques, ou des cartes postales. Mais à titre privé, en quantité limitée.

Q: Pourquoi privé, limité, vous n'arriverez à rien ainsi.
R: Je sais, tant pis. Je ME fais plaisir c'est le plus important. Je ne déçois pas mes modèles qui participent à mon thème. Je les remercie tant d'accepter mon exentricité.

Q: Tout cela à un coût....pour pas grand chose en final.
R: On peut voir ça comme ça. C'est pas un revenu que je cherche. JE NE SUIS PAS PROFESSIONNEL. Je ne vis pas de cela, ni POUR cela. Je ne suis qu'un petit Amateur. Dans amateur, il y a AMOUR, pas dans professionnel. Dans professionnel il y a revenus, argent, profits. Bien sûr cela coûte des sous. Les cirés à trouver, à confectionner, le materiel photographique, les accessoires, les pellicules, les développements.

Q: Et la rémunération des modèles ?
R: Aussi, j'essaye pour cela de donner autre chose que de l'argent. Je n'aime pas ce côté paiement. Je trouve tout a fait normal qu'un modèle demande un dédommagemment, pour sa prestation, son déplacement, mais quand je vois des filles qui demandent 500Francs (76Euros)de l'heure, ou parfois plus, je me demande ou on va. Personne ne gagne autant de l'heure pour un travail si peu fatiguant. Bon d'accord on est dans le domaine artistique. Poser n'est pas un travail pénible, c'est accepter un thème une situation, dans des conditions précises. Personne n'est obligé de trouver mon thème génial. D'ailleurs j'ai plus de détracteurs que de fans.

Q: Vous ne payez pas vos modèles. Comment faites-vous pour les rémunérer?
R: C'est pas systématique. C'est du cas par cas. Je n'aime pas le mot REMUNERATION, je préfère CONTREPARTIE. Pour rémunérer, un modèle il faudrait payer également les charges sociales, ce serait vraiment être honnête et reconnaître le travail en tant que tel. Seul un professionnel peut faire cela, dans un esprit commercial. Mais les particuliers, les petits amateurs, ne peuvent que faire un cadeau, qui n'est pas obligatoirement de l'argent. Cela peut être les dons des photos, un agrandissement ou plusieurs, un service: une photo hors thème, une emploi par relation, je ne sais pas moi, il y a mille façons de remercier un modèle, autrement qu'en lui versant une pseudo rémunération. Et puis TOUS les modèles ne recherchent pas l'argent uniquement. La plupart bénévoles, reçoivent les meilleures épreuves. Pour d'autres c'est une expérience, peut-être la curiosité. D'autres recoivent une contrepartie à des tarifs proches de ceux annoncés dans les revues amateurs (30€ à 50 €) en guise des droits d'acquisition. Moi je veux bien tout ce qu'on veut, mais mon gros problème est situé sur les autorisations.

Q: Quand vous payé un modèle son image vous appartient. Y'a plus de problème.
R: Vous croyez cela. Pas du tout. L'image de la personne reste toujours la propriété du modèle même à 1500Euros la séance. Ce qui est logique. Relisez le code civil.

Q: Dans la réalité c'est pas comme ça
R: Mais pourquoi voulez-vous que j'utilise une photographie ou l'on reconnait le modèle sans aucune difficulté, alors que ce dernier s'y oppose. C'est purement dégueulasse. Nous sommes en démocratie, dans un pays ou chacun doit respecter l'autre.

Q: Vous n'avez pas de modèles qui vous donne d'autorisations d'exploitation
R: Bien sur que si. Toutes acceptent sans difficulté. Mais c'est après, beaucoup plus tard, deux, trois, cinq, dix ans après. Leur situation à changé. Et je n'obtiens pas de réponse, ou un refus.

Q: C'est important pour vous ?
R: Oui, bien sûr, sans faire une exploitation gigantesque,pour reprendre l'exemple des cartes postales. Mais seulement pour une exposition, même sur ce site, j'ai besoin de leur avis, de leur accord.

Q: Pourquoi faites-vous cela ?
R: Pour le fun, comme on dit, uniquement pour le plaisr, pour MON plaisir.

Q: Depuis vingt ans que ce thème vous anime, vous trouvez encore de nouvelles idées, de nouveaux modèles ?
R: Les idées proviennent des modèles. A chaque fois c'est différent. Et puis les modèles sont plus mûres qu'il y a vingt ans. Moi aussi sûrement. La différence d'age s'installe. Je suis plus leur père que leur copain aujourd'hui. Les modèles sont souvent des étudiantes. Mais j'aimerais aussi en trouver de plus vieilles vers la quarantaine. Y'a encore de belles femmes à quarante ans.

Q: Pourquoi avoir choisi comme générique E.R.I.C. ?
R: C'est ciré à l'envers, du reste ERICIRE est un palindrome de ce fait.
E.R.I.C. peut signifier: Emergence Rétroactive d'Imperméables Cirés, ou bien Espace Regards Images Création. J'aime bien le premier, mais il est un peu compliqué, alors le second est plus mode.


Q: Et Cirologie ?
R: Comme ça. Histoires de cirés.

Q: Ah! une question que tout le monde veut vous poser, mais personne n'ose: Avez-vous ''couché'' avec vos modèles
R: Voilà une question directe. Je pourrais vous dire OUI, vous vous direz ''Tiens, ça ne m'étonne pas. Comme tous les photographes !''. Je pourrais vous dire NON, et là vous vous direz ''ba voyons, c'est un Saint. De toutes façons il ne le dira pas''.

Q: Alors que dites vous ?
R: Vous pensez ce que vous voulez, mais ma réponse est NON, c'est mon dernier mot.

Q: Vous ne souhaitez pas en parler.
R: Cela ne me gêne pas. L'ennui c'est que certaines personnes vont douter. Mais cela ne me dérange pas, j'ai ma conscience tranquille. On ne peut pas empêcher les gens de penser. Par contre je voudrais revenir sur votre première question, le mot ''couché'' ne me plait pas. Je pense que vous vouliez parler d'avoir une relation sexuelle. C'est à cela que j'ai répondu.

Q: Oui bien sûr. Mais alors ca veut dire qu'il y a eu autre chose ?
R: Tout de suite, vous voyez ''autre chose''. Je vous réponds également NON. Je ne dis pas que je suis indifférent, mais il y a jamais eu le moindre attouchement. Et là ça n'interesse plus personne.

Q: Si si on veut TOUT savoir.
R: Non, je veux dire que je ne suis pas de marbre, mais c'est pas mon truc de faire des avances, et les modèles que j'ai choisis, ont su rester à leur place. Donc j'en ai fait autant. Il y a un respect, en moi, qui fait que je ne fais pas ces photos pour cela. Je ne recherche pas de ''rencontres'', j'ai ce qu'il me faut. Ca va. Mais je ne peux pas dire qu'un jour, je changerais. Je ne suis pas incorruptible. J'ai un talon d'achille comme tout le monde.

Q: Si l'occasion se présente, vous ne direz pas non ?.
R: Je ne peux pas répondre à une telle question honnêtement. Je n'en sais rien.

Q: Vous avez promis de répondre à TOUTES LES QUESTIONS ?
R: J'ai répondu. Mais ce n'est pas ce que vous vouliez entendre. Vous voudriez que je vous dises que j'attends que cela. Je suis désolé, je ne veux pas vous dire cela. Je veux être sincère. Qui peut dire ce qu'il sera, ou ce qu'il fera demain. De toutes façons, en plus demain j'arreterais sûrement de prendre des modèles en photos, car je n'ai pas assez passé de temps à les montrer, alors demain mon projet est plus d'exposer, de publier à compte d'auteur, ou dans des revues, de diffuser, bref de les faire vivre. Vous voyez mes projets sont d'un tout autre ordre, et mon but n'est pas là ou vous pensez.

Q: Combien de modèles avez vous rencontré ?
R: Depuis 82 une bonne cinquantaine en près de 80 séances. C'est dire que certaines ont posé plusieurs fois.

Q: Vous pensez arrêté quand ? Vous voulez aller jusqu'où ? Que recherchez-vous ?
R: Je ne me suis rien fixé. Entre 86 et 99 j'ai arrêté, je ne pensais pas reprendre. Et puis il y a toujours de nouveaux modèles, de nouvelles têtes, en plus de celles que l'on recherche il y a celles qui découvrent le thème.
Je souhaite un large panel, le plus divers possible. Je recherche toujours de nouvelles attitudes de nouvelles idées, je crois que je cesserais quand je n'aurai plus envie, et que les idées tariront, ou que les modèles me boudent, ce qui peut aussi arriver.


Q: La différence d'âge n'est elle pas un problème ?
R: Non je ne pense pas, je cherche aussi des modèles mûres, mais c'est plus difficile après trente-cinq ans, les femmes ne posent quasiment plus. C'est dommage. C'est vrai que je veillis et que les modèles ont toujours le même age ou presque. Cela permets de voir l'évolution des modèles, c'est trés interessant.

Q: Expliquez-nous ?
R: Disons qu'aujourd'hui, elles sont moins timides, elles rêvent moins de devenir des superstars, elles font cela par plaisir, ou pour l'argent facile. Elles savent que ce ne sera pas leur métier, même si certaines en rêvent.
Et c'est là ou je les rejoins dans cette partie burlesque de cette séance photo, c'est d'abord de prendre du plaisir, ensuite de s'amuser sans se prendre la tête et en fin de rêver. Sans le rêve nous ne sommes rien. Nous ne sommes déjà pas grand chose.


Q: Quand vous cesserez les séances, ne serez-vous pas un peu triste ?
R: Sûrement. Le jour approche. Il faut savoir arrêté. Saurais-je ? Je ne sais pas...
J'ai toujours de nouvelles idées que me soumettent les modèles. Tant que c'est ainsi et que les rencontres peuvent se réaliser, pourquoi s'en priver. Mais quand ce sera fini des poses, Cirologie ne sera pas enterré pour autant, bien au contraire, une seconde vie fera que je prendrais le temps des expositions et des publications que je ne peux pas correctement réaliser aujourd'hui faute de temps et de moyens.


Q: Vous voulez absolument laisser une trace de cette passion ?
R: Absolument, des images pour plus tard....
Laisser le sentiment que l'on savait rire, s'amuser, prendre du plaisir, même dans la dérision. Souvent des personnes qui voient mes photos me disent : "Ah celle-là elle est marrante..." et bien voilà. Je me serais marrer.
Qu'est-ce que je me serais ennuyé si je n'avais pas été là ! disait Jules Renard


Q: c'est le mot de la fin ?
R: Quelques citations:
- Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais. (Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray que j'adore)
- Du sublime au ridicule, il n'y a qu'un pas.(Napoléon Bonaparte)
- Ce qui ne me passionne pas, m'ennuie. (Sacha Guitry)
- Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d'entendre, ce que vous entendez, ce que vous comprenez... Il y a dix possibilités qu'on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même… " (Bernard Werber)
Cette dernière, résume bien notre entretien.


Q: Merci.

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Rédigé par Adelin Aurèl

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